Un message radicalement républicain pour l'installation du Conseil Général de Charente-Maritime

Publié le par Fédération PRG de Charente-Maritime

Dcp ferchaud

Discours de Pascal Ferchaud, Conseiller général de Saujon

Jeudi 30 mars 2011.

(Séance d’ouverture lors du renouvellement triennal du Conseil Général de Charente-Maritime).

 

Monsieur le président, mes chers collègues, mesdames et messieurs. Je m’associe tout d’abord, Monsieur le Président, au nom du groupe radical de Gauche, aux félicitations que vient de vous exprimer Bernard Lalande pour votre réélection.

Quand mes amis m’ont proposé d’exprimer ce matin en leur nom la parole des Radicaux de Gauche, J’ai longuement réfléchi.

Cette réflexion m’a conduit vers une profonde envie de faire entendre cette voix radicale et, pour reprendre un slogan de Michel Crépeau, faire en sorte que ce soit une voix qui porte !

J’entends régulièrement dire autour de moi que l’esprit de ce département est radical. Même vous monsieur Bussereau, vous le déclariez récemment aux médias.

Mes amis m’ont convaincu de m’exprimer grâce à plusieurs arguments, tous liés à ce que nous venons de vivre lors de ces élections cantonales.

1°) L’abstentionnisme tout d’abord. Le moins que l’on puisse dire, c’est que j’en ai été la première victime, privé d’une élection au premier tour, malgré les 50,5% obtenu et non validés, faute d’une participation suffisante. C’est un sujet préoccupant, qui doit tous nous interpeller.

 

2°) La confrontation à un candidat du front national au second tour. Je dois dire que je ne m’y étais pas préparé et que nous n’avons pas combattu avec les mêmes armes. Face à l’artillerie lourde d’une campagne nationale, relayée par les médias, je me suis retrouvé, comme les vaillants soldats de Valmy, avec ma baïonnette, mes  tripes et celles de mes amis.

J’ai fait partie de ceux qui en 2002, n’ont pas eu d’états d’âme pour voter en faveur de Jacques Chirac. Sur ce point, je dois faire part ici d’une certaine déception, voire d’une certaine amertume devant la tiédeur de la droite républicaine à cette occasion et devant la cacophonie appelant même au plus haut niveau de l’Etat à l’abstention, ce qui est un comble !

 

3°) Le score remarquable réalisé par mes amis radicaux :

o   5 cantons renouvelables, 5 cantons conservés. Un (presque deux ! dès le premier tour), les autres avec un tir groupé autour de 70% des suffrages.

o   Le canton de Surgères qui bascule et contribue à la féminisation de l’assemblée.

o   La fraicheur et l’enthousiasme de nos autres candidats, sur des terres de missions que sont les cantons de Royan Ouest et Pons, ou bien encore St Martin de Ré ou Loulay

Par notre intervention nous souhaitons montrer que l’addition des forces républicaines de progrès pouvait intelligemment faire une campagne commune, sans pour autant renier nos racines et nos convictions spécifiques.

C’est donc dans cet esprit consensuel que j’ai l’honneur de porter la voix radicale. Depuis plus de 30 ans  impliqué dans la vie publique, je me suis toujours efforcé en effet de privilégier le dialogue à l’affrontement, le consensus à la division, la concorde à la discorde.

Ce que nous entendons quotidiennement sur le terrain et qui s’est exprimé les 20 et 27 mars derniers, doit nous conduire à une grande vigilance sur le malaise qui se développe dans notre société. Il faut prendre garde à ce qui se passe aujourd’hui. D’une crise financière nous sommes en effet passés à une crise économique. D’une crise économique nous sommes en train de glisser vers une crise sociale. A cette crise sociale, et le vote des cantonales en est un signe avant-coureur, c’est la crise politique qui nous menace. Prenons garde que la vague « bleu marine » qui vient de s’exprimer, ne se transforme pas en tsunami, cette vague noire qui est encore dans nos esprits, avec les conséquences désastreuses que cela pourrait avoir pour notre république.

C’est donc sur les valeurs de la république qu’il faut s’appuyer pour faire face à la crise politique qui nous menace. Qui mieux qu’une voix radicale, issue du parti qui a fondé la république, pouvait porter ce message ?

J’ai l’honneur d’appartenir à cette famille et je suis fier d’être radicalement républicain. J’aime citer les grandes figures radicales qui ont forgé notre république : Léon Gambetta, Georges Clémenceau, Jean Moulin, Pierre Mendes France et plus près de nous Michel Crépeau. Tous attachés à la valeur la plus forte de notre triptyque républicain : La Fraternité.

Une notion tellement éloignée des discours de haine et d’exclusion relayés par l’extrême droite et une partie de la droite de gouvernement, de plus en plus décomplexée.

Un courant de pensée qui accorde une importance fondamentale à la primauté de l’individu et qui porte un nom : l’humanisme.

Il me paraît aujourd’hui utile et nécessaire de rappeler quels sont les piliers de la République humaniste :

-         La solidarité : l’attention portée aux autres, l’attention apportée aux plus faibles, à ceux qui souffrent. C’est la première compétence de notre département.

-         La coopération et la mutualité, valeurs éminemment Charentaises Maritimes, dont André Dulin a été un acteur de tout premier plan. La coopération économique étant tellement plus enrichissante que la sacro-sainte concurrence si chère au libéralisme.

-         La tolérance qui respecte les idées et les religions des autres, qui porte un nom qui nous est cher : la laïcité.

-         L'universalisme,  la république est en effet une et indivisible. Tous les citoyens de ce département sont donc égaux en droits et doivent être traités avec la même considération.

-         La responsabilité individuelle qui nous conduit à ne pas tout attendre de l’autre, à ne pas tout attendre du ciel, à ne pas tout attendre de l’Etat. Cette responsabilité c’est celle de chacune et chacun de nos concitoyennes et concitoyens. Celle qui face aux droits qui sont les nôtres doit tout naturellement conduire chacun à considérer qu’il a aussi des devoirs.  La république ne peut-être généreuse que si elle est en même temps rigoureuse.

-         Le pragmatisme. Celui qui nous conduits à être plus intéressés par l’action que par le pouvoir et particulièrement pour ce qui nous concerne par l’action de proximité. Action que nous relayons dans chacun de nos cantons.

-         L’indépendance enfin, car l’indépendance est une forme de liberté. Le philosophe Alain (encore un radical !) disait « qu’à la doctrine d’un parti politique,  il préférait aller à la racine des choses, en se fiant à son propre entendement ».

Vous avez donc compris je pense, les raisons qui nous ont conduit à choisir de nous exprimer aujourd’hui. Vous avez compris que ce n’est pas un message de division que nous souhaitions émettre, mais un message positif d’espoir.

C’est tout simplement le sens de ces propos.

Je vous remercie.

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