L’Ecole de la Réussite se mérite !

Publié le par Fédération PRG de Charente-Maritime

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  Suite à l'excellent séminaire organisée notamment par Joëlle DUSSEAU sur l'Ecole de la réussite le 16 juin à Paris, j'ai souhaité développer par écrit ce qu'il m' a fallu dire de vive voix, toujours trop vite, tant étaient denses et fort intéressants  les débats.

 

Je voudrais tout d’abord remercier les organisateurs, les intervenants et les participants pour la qualité du séminaire proposé. Ces réunions sont d’une extrême importance parce qu’elles nous permettent de confronter les idées de chacun dans un  respect républicain, laïque et citoyen, comme sait le faire le PRG. Elles permettent surtout de mettre en avant nos ressemblances, seules capables d’offrir un front républicain efficace pour aborder les échéances 2012.

Il n’est pas en effet de défi plus noble que de proposer pour la France un programme d’éducation concret, ambitieux, mais cependant réalisable, même en temps de crise et les caisses de l’Etat vides.

Mal être de l’élève, mal être dans le monde enseignant… Accabler, culpabiliser, punir les élèves, les parents, les enseignants en supprimant postes par-ci, allocations par-là, temps de repos par ici ne sont en rien une réponse aux problèmes posés. C’est bien au contraire un ferment pour la violence toxique.

Pour que l’école de la réussite puisse se développer et atteindre ses objectifs, il faut d’abord la respecter. Se sentant respectable, elle pourra naturellement enseigner  le respect à ses élèves, bien mieux et bien plus profondément que ne le fera aucune maxime quotidienne sur un tableau noir. Voici l’Ecole que nous, Parti Radical de Gauche, ambitionnons !

 

Certes, nous devons faire le constat que l’école, malgré de belles réussites, n’a jamais vraiment rempli sa mission de méritocratie républicaine. Nous devons avoir cette exigence éthique de contrer ce qui n’est pas une fatalité. Il est nécessaire de revoir ensemble ses missions, ses compétences, les objectifs à atteindre pour lui permettre d’aller au-delà des 75% de réussite. L’école peut agir sur les problématiques qui relèvent de ses compétences : la constante macabre, le système de notation, les parcours d’élèves en difficulté…Mais ne lui demandons pas de régler les problèmes de société. ! Cela nécessite de se libérer du piège cancérigène  de l’adage : l’école est son propre recours. A l’heure où le partenariat et les mises en réseau sont une condition sine qua none pour  réussir à affronter les réalités économiques et sociales, il est aberrant de maintenir l’école à la marge des partenariats efficaces par manque de temps, de moyens ou de volonté politique.

 

L’école de la réussite doit être une école reposant sur des bases éthiques stables et affirmées. Des fondations solides, celles qui permettent une évolution nécessaire et positive, à l’écoute des professionnels et de toute la communauté éducative, en synergie avec son temps. Il est hélas aujourd’hui tristement plus correct politiquement de parler de respect de l’environnement que de respect de chacun.

 

L’amélioration des conditions de la réussite scolaire passe par la prise en compte de l’élève dans toute sa dimension d’enfant : enfant de ses parents, enfant d’une fratrie, enfant d’un quartier, de la ville ou de la campagne, enfant protégé ou subissant des violences, riche ou pauvre, précoce ou prenant son temps, en bonne ou en mauvaise santé…

Pour réussir, il faut se sentir en confiance, avoir confiance en soi et en ceux qui nous entourent. Sans ces conditions fondamentales, un enfant ne peut apprendre. Un enseignant ne peut enseigner. Car on apprend avec ce que l’on est et ce que l’on sait. On enseigne les valeurs démocratiques, républicaines et laïques avec ce que l’on est et ce que l’on fait.

 

C’est pourquoi l’école de la réussite doit s’inscrire dans une volonté politique de la France à la fois globale mais avec toute la richesse de ses spécificités.

 

Enfin il est essentiel que l’école s’adapte et prépare à une insertion professionnelle réussie. Cependant combien de jeunes, combien de séniors, allons-nous, de fait, continuer d’exclure de l’idée même du bonheur ? Si l’école continue de nourrir notre inconscient collectif avec l’idée que l’épanouissement de l’être humain dans notre société passe uniquement par la case travail productif, alors nul ne doit s’étonner de la démission des jeunes face au travail scolaire. Le travail salarié n’est plus automatiquement au rendez-vous du cursus scolaire même réussi § Et ce, indépendamment des valeurs intrinsèques et des compétences de chacun. Cela nécessite une réelle volonté politique d’aborder des questions de fonds avec une conception humaniste rénovée.

 

Redéfinir les missions de l’école nécessite de prendre en compte les évolutions du monde du travail et du sens du travail.

 

Nous évoluons de fait dans un contexte de transformation radicale du métier d’enseignant: le voici désormais soumis à la concurrence faussée du privé, à l’obligation de réussite et, pour la première fois de notre  histoire française, managé sans demi-mesure avec toutes les pressions à risques que comporte cette pratique.

Dénigrés aujourd’hui par ceux-là mêmes qui devraient valoriser leurs engagements et leurs succès réels, les enseignants résistent, s’insurgent, ou se taisent .Mais même dans leur silence, ils ne se soumettent pas et n’abandonnent pas leur éthique professionnelle et leur attachement à l’école publique et laïque.

La gauche saura-t-elle leur redonner confiance ? Mériter et conserver une confiance retrouvée ? C’est une chose que de proposer un programme pour l’éducation dans un contexte politique classique. C’en est une autre que d’essayer de reconstruire l’éducation, après la politique de casse systématique du service public!

 

Voici le réel défi politique auquel se trouvent confrontés tous ceux qui prétendent demain gouverner la France !

 

Le Parti Radical de Gauche a toutes les compétences et les ressources nécessaires pour relever ce défi, par son histoire, par ses valeurs humanistes, républicaines et laïques. Ce séminaire qu’il porte à Paris et toutes les réunions locales soutenues ou initiées par les fédérations y contribuent de manière forte.

Restera alors à porter notre programme sur l’école, à le communiquer, et à le faire partager. Notre Ecole de la réussite mérite bien toute la force de nos sincères convictions radicales.

 

Dominique Cotta

Secrétaire générale adjointe PRG 17

Secrétaire fédérale en charge de l’Education

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E
<br /> felicitations à Dominique car son texte degage des convictions et egalement les constructions citoyennes possibles!<br /> ouvrir des ateliers sur ces bases avec les enseignants,les associations locales de parents d'eleves,les elus locaux en resposabilites sur l'ecole publique,les DDEN devraient donner un excellent<br /> travail de proximité .<br /> Dominique COTTA est l'animatrice reconnue pour conduire cette action sur nos territoires de chte-mme car elle vit son projet et c'est un atout de pedagogie de sa personnalite !<br /> <br /> <br />
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