Jean-Michel BAYLET interviewé par le Monde : "Je défendrai les valeurs du Radicalisme, à commencer par la République et la Laïcité."

Publié le par Fédération PRG de Charente-Maritime

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M. Baylet : " Je ne suis pas socialiste, mais je me soumettrai aux règles éthiques de la primaire "

Ce fut la surprise de dernière minute. Le 6 juillet, le Parti radical de gauche a annoncé que son président, Jean-Michel Baylet, 64 ans, serait candidat dans le cadre de la primaire organisée par le Parti socialiste. Le sénateur et président du conseil général de Tarn-et-Garonne explique au Monde le sens de sa démarche.

Au PS, le dépôt des candidatures se clôt ce mercredi 13 juillet. Avez-vous vos parrainages ?

Il ne vous a pas échappé que je n'étais pas socialiste. Je ne suis donc pas soumis aux règles qui s'appliquent aux candidats issus du parti, qu'il s'agisse des parrainages ou du calendrier. Mais il va sans dire que, comme candidat, je me soumettrai aux règles éthiques qui régiront la campagne.

En 2002, les radicaux de gauche avaient présenté Christiane Taubira. En 2007, vous n'aviez pas de candidat. Pourquoi, cette fois-ci, participez-vous à la primaire organisée par le PS ?

Nous avons étudié toutes les options. Même si nous rejetons toute responsabilité dans la non-qualification de Lionel Jospin au second tour, le fait de présenter un candidat à nous, comme nous l'avons fait en 2002, représente un risque, d'autant plus que Marine Le Pen est haut dans les sondages.

A l'inverse, ne pas être du tout présent à un moment aussi important de notre vie politique n'aurait aucun sens. D'où l'idée
de la primaire, que nous défendons depuis des années. En 2006, Roger-Gérard Schwartzenberg, à l'Assemblée nationale, et moi-même, au Sénat, avions déposé deux propositions de loi constitutionnelle appelant à la tenue de primaires ouvertes
au-delà des seuls militants des partis. Le PS n'avait pas souhaité en organiser pour 2007. Il le fait cette fois. Nous nous en
félicitons.

Qu'est-ce que le principe de la primaire a de si formidable ?

La primaire nous permet de mettre en avant nos idées, puis de nous rassembler. Car je le dis fermement : la clé de l'alternance, que nous souhaitons pour 2012, c'est l'unité de la gauche.

Si ce n'est pas vous, vous engagez-vous à soutenir le vainqueur de la primaire, quel qu'il soit ?

J'en prends l'engagement ferme, sans hésitation aucune.

Sur quels thèmes ferez-vous campagne ?

Je défendrai les valeurs du radicalisme, à commencer par la République et la laïcité. A la rentrée, je publierai un opuscule où je détaillerai mon programme.

Les autres candidats à la primaire défendent aussi la République et la laïcité...

Rassurez-vous, il y a aussi des idées que je serai le seul à porter : l'Europe fédérale, par exemple.

Que pensez-vous de l'idée de " démondialisation ", prônée par Arnaud Montebourg ?

Montebourg pose de très bonnes questions : pour essayer de créer un nouvel ordre mondial, on ne peut pas continuer comme ça, avec des financiers qui mutualisent les risques et privatisent le profit. Les politiques doivent reprendre la main, évidemment.

L'une des propositions phares du projet du PS pour 2012 est la création de 300 000 " emplois d'avenir ". Qu'en pensez-vous ?

Par principe, je ne suis pas favorable à une généralisation des emplois aidés, qui sont des emplois à court terme. Ce qu'il faut, ce sont des emplois durables. Pour cela, la priorité est de faire redémarrer l'économie.

Bertrand Delanoë, qui soutient Martine Aubry, vient de proposer la création d'un impôt exceptionnel sur les hauts revenus. Y
êtes-vous favorable ?

Je me méfie des impôts " exceptionnels ", qui ont en fait la fâcheuse tendance à devenir pérennes.

Le 7 juillet, le Parti socialiste a publié un communiqué disant que vous aviez " assorti " votre participation à la primaire à un
accord sur les élections sénatoriales et législatives. Quel est cet accord ?

Je ne veux pas qu'on réduise cela à des discussions de marchands de tapis. Dans une société politique bipolarisée, comme la nôtre, il est normal qu'il y ait des accords électoraux pour donner une majorité au président. Le PS discute avec nous, comme il le fait avec les Verts et avec les communistes. L'accord sénatorial est scellé depuis le 5 juillet. Nous espérons que le PS tiendra parole, notamment dans l'Isère et le Pas-de-Calais où nous avons quelque inquiétude. Pour les législatives, les négociations sont en cours. Notre objectif est de constituer un groupe à l'Assemblée. Il faut pour cela quinze députés. Pour l'instant, nous en avons onze.

Propos recueillis par Thomas Wieder
© Le Monde

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