Interview de J-M BAYLET à Rue89 : Fortune, conflits d'intérêts, affaires

Publié le par Fédération PRG de Charente-Maritime

affiche primaire J-M Baylet

Fortune et conflits d'intérêts

 

Tom : En tant que 509e fortune de france, qu'avez-vous pensé du texte de monsieur Lévy et madame Bettencourt demandant à être plus taxés ?

 Je trouve qu'ils ont été courageux. Quant à la 509e fortune de France, ça c'est les classements qui sont faits chaque année par Challenges et d'autres sur des critères que je n'ai jamais compris. Il se trouve que je dirige un groupe de presse et que ce groupe de presse, ils l'évaluent à tant, c'est cela que l'on appelle fortune, c'est le capital théorique que représente ce groupe de presse. Pas tout à fait la même chose que madame Bettencourt, qui elle, dispose de milliards et de milliards sur son compte à la banque.

 

Je rassure Tom, ce n'est pas mon cas. Je trouve bien – parce que certains les ont tournés au ridicule –, je trouve bien que les gens les plus riches dans les périodes difficiles, proposent d'être taxés plus fortement. Entre nous, quand j'ai vu de combien elle est taxée, c'est quand même pas ça qui va altérer de beaucoup leur fortune.

 

Rue89 : C'est poudre aux yeux ?

 

Oui.

 

Aurelie82 : Prévoyez-vous de légiférer sur la liberté de la presse, pour empêcher par exemple le cumul des fonctions de patron de presse et d'homme politique ?

 

C'est une vieille tradition en France, les avocats font de la politique, les journalistes font de la politique, les patrons de presse font de la politique… On peut tout interdire, mais à un moment, nous ne serons plus que dans une société d'interdits. Moi, je ne vois pas l'inconvénient. Alors s'il y a une loi comme celle-là, naturellement, je m'y plierai.

C'était déjà le cas dans les périodes où j'étais au gouvernement : puisque le poste de ministre est incompatible avec tout poste de responsabilité professionnelle, j'ai toujours démissionné. Mais je ne vois pas quel inconvénient particulier ça peut poser, et chaque année de moins en moins, quand je vois comment la diversité des médias est désormais absolue.

 

Rue89 : Ça ne pose jamais problème ?

 

Non.

 

Aurelie82 : Fin mars 2011, il y a eu une intrusion humoristique de femmes à barbe à la séance du conseil général que vous présidiez, pour dénoncer la non-présence de femmes élues, et elle n'a pas eu une ligne dans La Dépêche alors que l'info a été reprise par tous les autres médias.

 

 

Elle a mal lu La Dépêche. Pourquoi voulez-vous que cette intrusion, que j'ai trouvée d'ailleurs étonnante – non pas sur le fond, puisque je suis d'accord sur le fait qu'il est anormal qu'il n'y ait pas de femmes et que je regrette que les citoyens n'aient pas élu les femmes que nous avons présentées, mais sur la forme, je trouve que pour protester contre l'absence de femmes, que les femmes se griment avec des barbes, c'est un peu bizarre, elles pourraient trouver un mode de revendication justement plus féminin… – et je suis allé parler avec ces femmes, on a discuté, elles se sont exprimées et effectivement, La Dépêche en a fait un compte-rendu dans le compte-rendu de la séance du conseil général. (Voir sa réponse en vidéo)


 

 

Yaumegui_from_Paris : Que pensez-vous de la nomination de Dominique Baudis comme Défenseur des droits ?

 

 

Je n'ai pas d'avis à avoir là-dessus. Le président de la République a choisi Dominique Baudis, c'est ainsi.

 

Yaumegui_from_Paris : Pensez-vous que La Dépêche du Midi, au moment de l'affaire Alègre, ait respecté la présomption d'innocence de Dominique Baudis ?

 

La réponse est clairement oui. Alors je sais que Dominique Baudis, après avoir accusé le milieu du cinéma porno, après avoir accusé le syndicat Force Ouvrière de Toulouse et son responsable, s'est tourné vers La Dépêche et nous a montrés du doigt, mais nous avons fait notre travail comme l'ensemble de la presse française, dans une affaire qui est assez rocambolesque, qui a effectivement débouché sur tous les dérapages et tous les excès.

Mais nous étions le journal local et nous l'avons fait avec plus de modération que beaucoup d'autres, car je vous rappelle quand même certaines révélations sur des donjons et sur tout un tas de choses ahurissantes qui ont été faites par certains journaux parmi les plus sérieux. Vous n'avez jamais trouvé ça dans La Dépêche du Midi.

 

Les affaires

 

 

 

Rue89 : Harlem Désir dit que Jean-Noël Guérini devra quitter le parti s'il est mis en examen. Qu'en pensez-vous ?

 

Ça, c'est la discipline interne du Parti socialiste.

 

 

Rue89 : Mais sur le plan des principes ?

 

 

Je n'ai pas à juger de ce que dit le Parti socialiste et de ses principes de discipline interne.

 

 

Nicolas : Vous-même êtes poursuivi dans au moins trois affaires concernant des prises illégales d'intérêts et des délits de favoritisme au sein du conseil général de Tarn-et-Garonne… Vous êtes évidemment présumé innocent – mais ne craignez-vous pas d'affaiblir votre mouvement ?

 

 

Le Nicolas en question est Nicolas Pompigne, qui s'est présenté contre moi aux dernières élections, qui a fait 9% – ce qui est un score remarquable –, qui passe sa vie à me diffamer, qui est d'ailleurs passé au tribunal correctionnel de Montauban pour ces affaires-là et nous attendons le verdict, et ce que dit Nicolas Pompigne est faux. Voilà.

 

J'avais effectivement un problème qui m'a été posé par mes opposants concernant l'utilisation de voitures de fonction qui a terminé par un non-lieu, alors il est mal informé.

 

 

Rue89 : Il y avait deux autres histoires, non ? Une sur un marché de transports scolaires…

 

 

Non, non, non. Vous savez, monsieur Pompigne est un manipulateur de première. Les problèmes de transports scolaires étaient reprochés à mon directeur général des services sur un problème de traçabilité des courriers pour passer ses marchés. Ce monsieur passe sa vie à me harceler, à me diffamer et à raconter des choses qui sont totalement inexactes. Vous voyez, il aurait pu dire qu'il y avait eu un non-lieu, et il le sait.

 

 

Rue89 : Donc, à ce jour, vous n'êtes pas mis en examen ?

 

 

Non.

 

 

Rue89 : Est-ce qu'il y a des instructions judiciaires en cours qui vous concernent ?

 

Je n'en sais rien, fichtrement rien, puisque je n'ai pas été auditionné. Voilà. Mais monsieur Pompigne est le spécialiste de la lettre anonyme, confidence pour confidence… Alors il considère que parce qu'il envoie des lettres anonymes, lui et quelques amis, au GIR à Bordeaux, il y suffit pour déclencher des procédures.

 

PGC : Par le passé, vous avez été tout de même condamné une fois pour abus de bien social. Ne considérez-vous pas que c'est un handicap pour prétendre à la fonction de président de la République ?

 

C'est vrai qu'il y a eu une malheureuse affaire de femme de ménage, liée à des traditions familiales regrettables, condamnables, auxquelles j'ai mis fin, et j'ai été condamné effectivement en tant que responsable d'entreprise. Et amnistié, d'ailleurs, pour l'information complète…

 

Rue89 : Amnistié quand ?

 

Oh ! Il y a au moins dix ans !

 

Rue89 : Ah bon, je n'avais pas retrouvé ça.

 

Eh bien, vous avez mal cherché.

 

 

Rue89 : Une amnistie présidentielle ?

 

 

Oui. Pas personnelle, globale, je vous rassure. (Voir sa réponse en vidéo)

 

 


 

 

Anisétoilée : Qu'avez-vous obtenu en échange du vote de la réforme de la Constitution en 2008 ?

 

J'ai voté la réforme de la Constitution parce que c'était mes convictions. Je suis quelqu'un qui a été élevé dans la contestation de cette Constitution qui fait du Parlement un Parlement-croupion. A partir du moment où l'on a créé les conditions pour un peu rééquilibrer le pouvoir entre le législatif et l'exécutif, il va de soi que j'ai voté cette réforme

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Publié dans Actualités

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