Interview de J-M BAYLET à Rue89 : Culture, Euthanasie, laïcité, nucléaire

Publié le par Fédération PRG de Charente-Maritime

affiche primaire J-M Baylet 

Culture, euthanasie, laïcité, nucléaire

  

Mandalore31 : Quel projet culturel pour la France est porté par votre candidature ?

  

Je suis allé au Festival de rue à Aurillac et j'ai discuté avec le monde de la culture présent là-bas. Je ne pense pas qu'il soit raisonnable de prétendre augmenter le budget de la culture. Je pense qu'il est sérieux de dire qu'il faut redéployer le budget de la culture et fixer des priorités.

Les priorités sont dans les arts de la rue, dans le livre, dans le théâtre, dans les arts plastiques et elles ne sont pas forcément à engloutir des fortunes dans le patrimoine.

Je ne dis pas qu'il ne faut pas entretenir le patrimoine, mais peut-être qu'on peut considérer que certaines réhabilitations extrêmement coûteuses, à partir du moment où on a conforté les monuments, peuvent attendre des jours meilleurs.

Je ne pense à aucun projet en particulier, mais je sais les sommes folles qu'on a englouties pour la réhabilitation du patrimoine. Quand on est dans un budget de vaches maigres, il faut savoir faire des choix.

  

Shaman de l'amour : Qu'entendez-vous par « droit à mourir dans la dignité » ? Etes-vous partisan de l'euthanasie ? Dans quelles limites ? Etes-vous partisan du suicide assisté ? Dans quelles conditions ?

  

Vous avez eu le fait divers récent de Bayonne, qui n'a fait que poser le problème, une fois de plus, du droit à mourir dans la dignité. Il est un moment où on est en fin de vie, où on est dans des souffrances atroces, où il n'y a plus aucune chance de survivre dignement et la question se pose.

Ce médecin a pris tout seul ses responsabilités, il n'a certainement pas eu raison puisqu'il a violé les lois françaises, mais ça nous interpelle. Cela prouve que la législation n'est pas complète.

Il faut une loi qui définisse clairement les conditions du droit de mourir dans la dignité. Cette loi devra prendre en compte l'avis du corps médical, l'avis du patient s'il est encore conscient et l'avis de la famille. A partir de là, on peut prendre des décisions.

Je ne vois pas pourquoi on s'acharne à laisser en survie totalement artificielle des gens dans d'atroces souffrances alors que toute perspective de vie est perdue.

Quant à la question sur le suicide assisté, il faut bien le définir. Il est dans les pays nordiques des textes sur le suicide assisté qui sont plus près de ce que je souhaite quant au droit de mourir dans la dignité que de l'autorisation de pouvoir se suicider à tout âge. Ça, j'y suis complètement hostile. Naturellement.

  

Site oie yen : Bertrand Delanöé a organisé une fête pour le ramadan. Qu'en pensez-vous ?

  

Je ne peux pas, au nom de mes convictions laïques pures et dures, partager tout ça. Entendons-nous sur le terme de laïcité : je suis un véritable laïc, tolérant, respectueux des autres, comprenant que chacun a le droit de pratiquer sa religion et d'avoir ses engagements politiques et syndicaux (s'ils peuvent ne pas aller au Front national, c'est quand même beaucoup mieux).

Mais la loi respecte la foi pour peu que la foi respecte la loi. Je ne trouve pas cohérent et souhaitable que des lieux publics comme la mairie de Paris organisent des fêtes religieuses.

  

Rue89 : Il a commis une erreur ?

  

Ce n'est pas souhaitable mais c'est à lui de voir. Moi, je ne l'aurais pas fait et je ne suis pas d'accord avec ce genre de pratiques. (Voir sa réponse en vidéo)


 

 

 

 

 

 

 

Site oie yen : Faut-il sortir du nucléaire ?

 

 

J'ai chez moi une centrale nucléaire. Tous les matins, quand j'ouvre ma fenêtre, je vois les deux tours de Golfech qui fument.

Naturellement, au début de ma vie publique, quand cette centrale a été construite, je me suis investi dans une lutte pour m'opposer à sa construction. Elle a été construite, le plan Giraud a été adopté, c'était il y a trente ans mais c'est le coup d'envoi de la politique du tout-nucléaire en France. Aujourd'hui, nous avons plus de 80% de notre énergie qui est d'origine nucléaire.

Il va de soi qu'il faut rééquilibrer avec ce que j'appelle les énergies de la paix ou les énergies intelligentes : l'air avec les éoliennes, l'eau avec la marémotrice (je me suis rendu à la Rance, c'est une magnifique réalisation), le soleil avec le photovoltaïque.

Mais dire, comme certains, que dans quinze ans, on sera sorti du nucléaire, moi, je n'en crois pas un mot. C'est un travail de longue haleine. Nous sommes le seul pays au monde à compter autant sur le nucléaire. A-t-on bien fait ? A-t-on mal fait ? Je pense pas qu'on ait bien fait de mettre tous nos œufs dans le nucléaire. Mais ça prend des années : ça demande une volonté politique très forte, ça demande de lutter contre les lobbyings.

Il faut passer de 80 à 70, puis à 60, à 50, etc. Mais vouloir faire croire que l'on va d'un coup d'un seul sortir du nucléaire, ça ne rentre pas dans le langage de vérité que j'appelais de mes vœux tout à l'heure.

 

Vous vous fixez des objectifs quand même ?

 

J'entends qu'ils les fixent à 50 ans, on peut tout promettre ! Je ne le fais pas. L'objectif, c'est de démarrer le plus rapidement possible et de le faire au meilleur rythme. Mais je ne rentrerai pas dans le petit jeu de dire tant d'années ou tant d'années, ce n'est pas sérieux.

 

Par contre, sur le plan énergétique, je suis pour qu'on crée de nouveau un grand pôle national de l'énergie. C'est irresponsable d'avoir laissé privatiser l'énergie en France.

 

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