En campagne pour la primaire, Jean-Michel Baylet se démarque du PS

Publié le par Fédération PRG de Charente-Maritime

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lundi 8 août 2011

 

 

 

Pour son premier déplacement de terrain comme candidat à la " primaire citoyenne " des 9 et 16 octobre, Jean-Michel Baylet pensait avoir trouvé l’endroit parfait : le Groupement agricole d’exploitation en commun de Brocéliande, à Iffendic (Ille-et-Vilaine), exemple d’une reconversion réussie dans le " bio " au coeur de la Bretagne laitière.

 

Il s’attendait moins, en revanche, à ce que le propriétaire des lieux s’attarde sur l’illustre figure qui y passa son enfance dans les années 1670 : Louis Marie Grignion de Montfort, le fondateur des missionnaires de la Compagnie de Marie - connue pour avoir évangélisé l’ouest de la France à la fin de l’Ancien Régime. " Des cars entiers de bonnes soeurs viennent ici chaque année, vous savez ? " Un brin gêné, le très laïc président du Parti radical de gauche (PRG) finit par éclater de rire : " Raison de plus pour que nous soyons venus ici : nous allons pouvoir rééquilibrer les choses. "

 

Au fond, on sent que cela l’amuse assez d’inaugurer son tour de France de candidat dans l’ancienne demeure d’un missionnaire. Vendredi 5 août, Jean-Michel Baylet a donc prêché pour sa paroisse, d’abord dans un petit salon surchauffé de l’aéroport de Rennes, au milieu des vaches laitières, sous une pluie battante qui ne l’a pas empêché de digresser sur les mérites respectifs de la prim’holstein et de la blonde d’Aquitaine, et enfin dans la coquette mairie de Saint-Lunaire où le soleil, en fin d’après-midi, s’était décidé à faire une apparition.

 

Faire campagne, pour le président du PRG, cela consiste d’abord à se faire connaître. Car il a beau approcher des 65 ans, avoir été trois fois ministre de François Mitterrand, présider le conseil général du Tarn-et-Garonne depuis 1985 et siéger au Sénat depuis 1995, Jean-Michel Baylet - " prononcez une fois pour toutes Ba-y-let : vous dites bien pa-y-san, non ? " - se reconnaît lui-même un " déficit de notoriété ". Alors, en politique roué, il présente à ses interlocuteurs la ligne de son CV dont il sait qu’elle leur ira droit au coeur : à l’agriculteur bio, le souvenir d’une jeunesse pendant laquelle il milita contre l’implantation de la centrale nucléaire de Golfech, près d’Agen ; à l’hôtelier inquiet, ses trois années au ministère du tourisme (1990-1993) ; et à la chef d’entreprise prête à voir en lui un dangereux gauchiste, son expérience de PDG à la tête du groupe de presse La Dépêche.

 

" Que je gagne la primaire " Même s’il jure qu’il n’est pas de ceux qui " pensent à la présidentielle du matin au soir ", M. Baylet est aussi venu en Bretagne pour faire connaître ses idées. Pour les exposer, il joue sur trois registres. Le premier consiste à dire tout le mal qu’il pense du projet du Parti socialiste, des 300 000 " emplois d’avenir " au retour à la retraite à 60 ans. Le deuxième, à rappeler que nombre d’idées défendues par les socialistes le sont " depuis belle lurette " par les radicaux de gauche, comme le mariage homosexuel, le droit de mourir librement dans la dignité, la dépénalisation du cannabis, la fusion de l’impôt sur le revenu et de la CSG, ou la réduction du temps de travail. Le troisième, à avancer quelques propositions qu’il est " le seul à avoir le courage de défendre ", comme la construction d’une Europe fédérale ou la taxation des transactions financières sur les dettes souveraines à l’échelle du continent européen, histoire d’en finir avec " les spéculateurs qui s’en mettent plein les fouilles sur le dos des peuples ".

 

Pour le programme détaillé, qui devrait contenir une vingtaine de propositions, il faudra attendre fin août. D’ici là, le président du PRG doit encore convaincre une partie de ses troupes de la pertinence de sa démarche. " Avec vos idées, vous pourriez faire 8 ou 10 % à la présidentielle. Alors pourquoi aller à la primaire pour vous faire battre par Hollande ou Aubry, et disparaître après du paysage ? ", lui lance pendant le déjeuner une " vieille militante radicale ". Il a la réponse : " Il n’y a qu’une solution à cela : que je gagne la primaire. " Pour l’instant, les sondages ne le créditent que de 1 % à 2 % des voix.

 

Thomas Wieder © Le Monde

 

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