CONTINUER DE VIVRE DU LAIT

Publié le par Fédération PRG de Charente-Maritime

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Non satisfaits d’être responsables de la perte des vertus du modèle coopératif, qui trouve pourtant ses sources, ici, en Poitou-Charentes, et d’avoir ainsi dépossédés les producteurs de leur outil, de leur autonomie de décisions, les responsables actuels de la politique agricole, localement en lien avec l’association centrale des laiteries, s’affranchissent de leur lourde responsabilité dans une crise qui dure maintenant depuis plus d’un an, et à l’origine de la disparition de trop nombreux producteurs dont certains sont allés jusqu’au suicide.

La cogestion de ces dernières années entre le gouvernement, la FNSEA et le Président Raffarin (Président de l’Association Centrale des Laiteries Charentes Poitou) est à l’origine de la disparition de plus de la moitié des producteurs en 15 ans, et de préférence les plus petits, au détriment de la qualité des produits, de leur lien au terroir et de l’identité laitière régionale.

Une cogestion  libérale, qui efface les outils de régulation (quotas), encourage les concentrations, les restructurations et préfère satisfaire le marché mondial plutôt que s’orienter vers des démarches qualitatives et identitaires.

A grosse dose de maïs ensilage, et son cortège de menaces pour la ressource en eau, tant sur la quantité que la qualité, complétée par le fameux soja OGM, où est le lien au terroir ?

Les bovins sont des herbivores, alors pourquoi ne pas utiliser l’herbe pour les nourrir ?

Face à la difficile gestion de la ressource en eau, pourquoi ne pas se tourner vers des productions de substitution équivalentes au maïs et économes en eau ?

Pourtant, le modèle insoutenable que continue de maintenir l’association centrale des laiteries et le syndicat majoritaire, condamne encore de nombreux producteurs, de préférence les plus modestes, détourne la coopération de ses vertus mutualistes, dégrade la ressource en eau pour finalement continuer d’engraisser les industriels du lait.

Des alternatives vertueuses existent, équitables et respectueuses des attentes citoyennes pour l’agriculture, autour des produits identitaires, des circuits courts, de l’agriculture biologique, tout en respectant les ressources, la biodiversité, les équilibres et l’avenir des productions locales et de terroir, pourtant elles sont écartées tant elles télescopent  les intérêts particuliers des dirigeants de laiteries, dévoyant le modèle coopératif.

Aussi, les élus de l’équipe régionale de Poitou-Charentes, en lien avec les laitiers qui souhaitent reprendre leur destin en main, tentent d’imaginer une filière laitière solidaire et identitaire qui saura préférer les paysans et les produits authentiques au dévastateur libéralisme, fossoyeur de l’agriculture citoyenne.

Benoit BITEAU –  PRG 17

Lauréat 2009 trophée national de l’agriculture durable.

Vice- Président de la Région Poitou- Charentes
Président de la Commission « Ruralité, Agriculture, Pêche & Cultures marines »

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B
<br /> L'analyse de la crise laitière qui nous est délivrée par les médias, y compris locaux, est formatée et va dans le sens des dirigents agricoles majoritaires, dont les commentaires ont notamment<br /> arrosés les ondes de Radio France.Combattre la théorie des rendements croissants et du profit apparaît indispensable, encore faut-il que le grand public l'entende.Les commentaires de Benoît BITEAU<br /> doivent être ''martelés'' afin que l'électeur soit conscient que la performance ne peut être viable que si elle conjugue la qualité de la vie avec l'activité économique, vivre de sa production, ce<br /> n'est pas que la mode du développement durable, c'est aussi prendre en compte les générations qui nous suivront et leur offrir une société équilibrée ou libre concurrence et régulation seront au<br /> coeur du système de production...Les leçons de la crise de 1929 sont oubliées.<br /> <br /> <br />
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