Benoît Biteau réagit aux inepties des conseillers régionaux de la droite départementale

Publié le par Fédération PRG de Charente-Maritime

Benoit biteau

Une agriculture vertueuse !

 

L’opposition régionale serait-elle aveugle au point d’en perdre toute objectivité sur la question agricole, son enjeu alimentaire, et sa capacité à produire à long terme? (voir Sud-Ouest du 1/11/2011 )

L’agriculture raisonnée n’est que le minimum réglementaire exigé par l’Union Europénne pour obtenir les aides publiques de la PAC (Politique Agricole Commune) qui distribue qaund même chaque année 57 milliards d’Euros (43 % du budget de l’Union Europénne), 9,5 milliards d’Euros à la simple France, 660 millions d’Euros pour la Région Poitou-Charentes.

C’est cette agriculture raisonnée, qui est d’abord chimique et intensive, qui pratiquée depuis 60 ans, fait que 1 milliard de personnes souffrent de la faim à la surface de la planète, alors que la production mondiale, qui en nourrit 6 milliards aujourd’hui, peut nourrir 12 milliards d’humains ! Mais elle préfère visiblement nourrir le capital et les moteurs thermiques, que nos enfants !

 

C’est cette agriculture raisonnée, qui avec l’argent publique des contribuables, qui eux attendent de l’agriculture qu’elle respecte la biodiversité, les équilibres, les ressources et l’eau en particulier, la santé de nos enfants, et relève le défi climatique, fait de la France le premier utilisateur mondial de pesticides à l’hectares, tuant la vie, menaçant notre santé et à l’origine de la fermeture de 150 points de captages d’eau potable en 10 ans, en Charente Maritime.

Eau, qui d’ailleurs, sera aussi dépolluée avec l’injection d’argent publique, alors que nous pourrions, en amont, orienter les aides de la PAC vers des pratiques agricoles vertueuses. C’est la double peine !

La triple peine, c’est les retenues de substitution, financée elles aussi, par de l’argent public !

Ces « bassines » viennent en soutien d’un modèle agricole qui menace la biodiversité, la ressource en eau, tant sur le plan qualitatif que quantitatif, et donc les pêcheurs et les ostréiculteurs à l’aval.

 

Combien savent que ces « bassines » sont remplies par des forages ? Combien savent que seulement un tiers des prélèvements d’irrigation seront compensés par ces « bassines, et que les deux tiers restants continueront à l’être, en été, dans les ressources naturelles ? Combien savent que ces équipements forts onéreux, financés par l’argent public, ne s’adressent qu’à 7 % des agriculteurs, les irrigants ? Que ce maïs produit avec l’eau qui nous manque est exporté (480 000 tonnes/an partent de La Pallice !) à 15 % d’humidité, faisant que 70 000 tonnes d’eau de nos territoires embarquent sur des bateaux pour traverser des océans ? Que ce maïs, quand il est consommé sur place par les animaux, doit être complété par du soja, OGM, importé des Amériques, pour équilibrer une ration distribuée à des animaux élevés sur des aires bétonnées et ayant donc perdus tout lien au terroir ? Ne sont-ils pas, pourtant, d’abord des herbivores ? Ne pouvons-nous pas produire, nous même, nos protéines ? La meilleure façon de stocker de l’eau, n’est-elle pas de la stocker dans les sols, où les taux de matière organique seraient restaurés par des pratiques agronomiques retrouvées, et qui par ailleurs redonneraient du sens à la notion de terroir ? Le bon sens paysans quoi !

 

Alors, au-delà du débat bio, n’y a-t-il pas une conscience citoyenne à soutenir un modèle agricole qui vise à l’autonomie alimentaire ici et là-bas, où les bouches attendent à manger ? A prôner l’autonomie alimentaire de nos élevages sur un modèle herbagé, produisant des protéines locales, respectant les vocations territoriales, comme celles des zones humides par exemple ? A prôner une souveraineté alimentaire qui consiste à produire localement ce qui sera consommé, localement ?

Comment ce modèle « raisonné », extrêmement dépendant du pétrole, pour élaborer les engrais chimiques et les pesticides, va-t-il produire quand les ressources pétrolières seront taries ?

 

L’agronomie, qui permet de valoriser, grâce à la photosynthèse des végétaux, les ressources inépuisables que sont la lumière, le carbone et l’azote atmosphérique, aujourd’hui oubliée pour y préférer les parades chimiques et leurs cortèges de menaces pour les générations futures, ne constitue-t-elle pas une réponse durable aux enjeux nourriciers, écologiques et démographiques de demain ?

 

Redécouvrir que l’écologie n’est pas une contrainte, mais un atout, pour produire demain, en harmonie, en équilibre avec nos environnements écologiques, sociaux et économiques, pour répondre dans la durée, au défi alimentaire, et pour préserver la capacité de la terre (avec un petit t) et de la terre (avec un grand T) à produire demain. Cette logique participe à l’émergence d’un modèle vertueux. Alors que certains d’entre nous parle d’agriculture raisonnée, écologiquement intensive, la Région Poitou-Charentes préfère aujourd’hui venir en soutien d’une agriculture raisonnable, intensément écologique, capable de relever les grands défis contemporains.

 

Benoît BITEAU

 

Parti Radical de Gauche (secrétaire national)

 

Vice Président de la Région Poitou Charentes,

Président de la commission "Ruralité, Agriculture, Pêche & Cultures marines".

Élu référent du Conseil Régional pour le pays Marennes - Oléron.

Président de CA du Lycée de la mer.

 

Ingénieur des Techniques Agricoles.

Conservateur du Patrimoine Technique, Scientifique & Naturel.

Paysan Bio.

Lauréat 2009 du Trophée National de l'Agriculture Durable.

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