LA ROCHELLE 19 mars 2009 : Les Radicaux y étaient

Publié le par Pauline

Article extrait de SUDOUEST.com
Auteur : Agnès MARRONCLE

Sous le soleil bien vertical de midi, les derniers manifestants de ce 19 mars passaient la Grosse Horloge pour « remonter le Palais », selon l'expression rochelaise, quand les premiers clôturaient déjà la boucle du défilé en revenant par le cours des Dames.

Une manifestation en forme de ronde, ou de serpent qui se mord la queue, chacun choisira l'image selon son humeur.

Pour Marc Autrusseau, le secrétaire départemental de la CGT, on ne pouvait qu'y voir une mobilisation plus importante encore que celle du 29 janvier. « J'ai rarement vu à La Rochelle un début et une fin de cortège se rejoindre ! D'autant que le parcours était long », relevait le syndicaliste.

La gare, les quais, le Palais, le tour complet de la place de Verdun, retour par la rue Réaumur, la préfecture, la rue Saint-Jean-du-Pérot : le centre-ville rochelais grondait ce jeudi, comme à la fin du mois de janvier, de la rumeur des slogans, des mégaphones crachant des chansons militantes et des surdos de batucadas. « Nous étions 12 000 la dernière fois, au moins 15 000 aujourd'hui », estimait Marc Autrusseau. De leur côté les forces de l'ordre présentes sur le parcours ne comptabilisaient pas plus de 5 700 personnes !

À coup sûr, c'est l'écart d'appréciation sur le nombre de manifestants qui aura, cette fois, battu des records : « Combien nous sommes en tout ? Je n'en sais rien mais nous, les salariés d'Aunis Ambulances, c'est la première fois qu'on est dans la rue en 27 ans d'existence ! », affirmait Cécile Gainant, en grève depuis le 9 mars dernier : « La colère a fini par gagner même une petite entreprise privée comme la nôtre, depuis le temps qu'on travaille plus pour gagner moins ! »

Derrière les « poids lourds » de la fonction publique, on trouvait jeudi nombre de salariés du privé venus battre le pavé au nom de l'emploi et du pouvoir d'achat.

Parmi eux, des employés de Carrefour Beaulieu et Angoulins : « Nous ne sommes peut-être pas les plus malheureux de la grande distribution, mais chez nous, les gens n'ont rien de plus à espérer que 1 200 euros par mois après 25 ans d'ancienneté. Arrive un moment ou ça ne passe plus », martelait Dominique Perru, délégué FO de l'hypermarché.

Non loin de là, des jeunes de l'IUFM enterraient d'un cercueil leur formation qu'ils jugent menacée : « La réforme nous enlève nos stages pratiques et en profite pour nous voler un an de salaire ! »

Soleil aidant, les couleurs des fanions éclataient comme rarement, tout comme celles des syndicats enseignants, les ballons du SNES, les banderoles des entreprises, Rhodia, Alstom. À cet arc en ciel de contestations, ce sont greffées les couleurs de partis politiques : le rouge et jaune du NPA arborant son « pas question de payer leur crise », les noeuds papillons format clown de professionnels de la culture. Et, évidemment, les slogans personnels, hissés à bout de bras : « Je n'ai pas de rolex, j'suis un raté, mais je défile sans talonnettes ! »


Je suis là par solidarité

La plupart des participants trouvaient facilement une banderole derrière laquelle se ranger, mais les rangs de la manifestation était aussi gonflés de ces inclassables, ces individuels ne se réclamant d'aucun groupe ni institution. « Je ne suis la par solidarité », déclarait par exemple Catherine G. orthophoniste exerçant en libéral. « Je ne suis partisane de rien, mais je vois bien qu'on ne touche pas aux avantages des riches tout en laissant les autres, les plus nombreux, se serrer la ceinture. Je constate un nombre croissant de gens qui hésitent à venir se faire soigner. »

Qu'ils aient été 10 000, 12 000 moins ou plus, chacun s'en est retourné jeudi, peu après 13 heures, avec le sentiment d'avoir été d'une de ces manifestations d'envergure, à La Rochelle.

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